fogra-photo-labo-proTout d’abord “Cromalin” est un terme inapproprié, Il est une marque déposé de Dupont Nemours au même titre que Frigo, Klaxon. Celui ci s’est généralisé familièrement dans le circuit de l’imprimerie industrielle. “l’Epreuve de contrôle couleur”  est sa véritable désignation.
Le prestataire de service doit être affilié et enregistré par la Fogra, avec la délivrance après contrôle d’un certificat. En cas de litige en fournissant des épreuves non certifiées, vous engagez votre propre responsabilité. Ce qui implique une grande confiance entre le prestataire et l’imprimeur. Chaque épreuvage doit être accompagné d’une étiquette justifiant la validation des valeurs colorimétriques.

Certificatfogra39-photo-labo-proC’est la seule manière de vous protéger juridiquement. Il ne faut pas noircir le tableau, dans la chaîne graphique, lorsque tout fonctionne jusqu’à l’impression final, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais lorsqu’il faudra démasquer un irresponsable, les rapports ne seront plus les mêmes.
La gamme de contrôle doit pouvoir répondre aux cahiers des charges de la Fogra.
Une protection juridique est appliquée seulement avec ce cahier des charges. Pour une destination vers l’impression offset, l’image doit être approuvée par le donneur d’ordre quant au rendu des couleurs par un « Bon-à-Tirer », épreuve sur laquelle il apposera son accord ou demandera des corrections. Il devient alors responsable de sa décision et l’imprimeur se doit de respecter les couleurs du BAT pour la totalité du tirage. L’épreuve fait donc l’objet d’un contrat entre les deux parties. En cas de litige sur la qualité du tirage, l’épreuve de BAT sera le juge de paix pour déterminer les responsabilités, d’où l’extrême importance concernant les conditions de réalisation de l’épreuve.

Au terme « épreuve », il faut associer la notion de « simulation ». Le but est de simuler fidèlement le résultat qui sera reproduit en offset selon des conditions techniques d’impression, d’encres, de papier définies… Et pourtant ça marche !… Grâce aux méthodes de gestion de la couleur. L’impression offset actuelle, comme tout processus industriel, est réglementée par des normes ISO (internationales) qui référencent les conditions d’utilisation standards du procédé ainsi que les caractéristiques des encres et des papiers.
Les rendus couleurs sont mesurés et mémorisés dans des fichiers informatiques nommés « profils d’impression » selon des règles définies (ICC). Les logiciels de la chaîne graphique utilisent les informations contenues dans les profils pour adapter les données couleurs aux diverses conditions de sortie dans le but de conserver des couleurs visuellement identiques malgré la variété des périphériques tel qu’un écran comparé à une imprimante. C’est ainsi qu’un écran peut afficher les mêmes couleurs que la sortie d’une imprimante ou d’un copieur, ou d’un autre écran d’une autre marque. Les couleurs d’origine, sont perçues similaires sur tous les périphériques.
De la même manière, pour produire un BAT destiné à l’offset, il est demandé à l’imprimante jet d’encre de restituer non pas les couleurs de l’image d’origine (en RVB) mais les couleurs qui seront reproduite en offset selon un standard référencé, la norme ISO (12647-7)39, dont les caractéristiques sont disponibles dans le profil d’impression qui accompagne l’image CMJN.
Alors qu’un imprimeur, dans le monde entier, qui travaille « en standard », reconnaîtra une épreuve « certifiée ISO 12647-7 » et n’aura aucune difficulté à la reproduire à l’identique.

Les couleurs d’accompagnement Pantone et les surimpressions sont également fidèlement simulées.
Si des corrections couleurs doivent être apportées, ce sera sur le fichier AVANT tirage de l’épreuve, bien entendu, et non pas au moment de l’impression sur presse offset… Cette pratique d’un autre temps doit être totalement révolu dans un processus industriel. Une épreuve certifiée ISO est donc un impératif pour tout intervenant qui engage sa responsabilité concernant une impression offset en couleurs. Pour assurer la fiabilité de l’épreuve, une protection juridique est garantie en cas de conflit.

Un coup de gueule de Dominique Legrand

http://www.wisibility.com/post/2011/09/04/Coup-de-gueule-en-couleurs

Jean-Pierre Maio